ville a-normale...
- Photo : 145
Ville « a-normale »
Le temps agit sur l'architecture. En premier lieu, il y a l'érosion des pierres. Les formes s'arrondissent, les lignes deviennent moins nettes. L’ensemble est comme si toute l'architecture était immergée dans le brouillard. Il s'agit de l'effet de la pluie, du gel, du vent.
Autre paramètre : le tassement. L’architecture bouge, travaille, les murs bougent, forment des ventres et des inclinaisons. Les revêtements et les crépis tombent. La première cause de tous ces phénomènes est le mouvement du terrain sous le poids de l'immeuble. Les murs bougent alors à leur tour pour chercher un nouvel équilibre. Le résultat est souvent magique et donne à l'architecture une nouvelle image. L'entrecolonnement des arcades se fait irrégulier, ou les colonnes se plient a droite ou a gauche. Les fenêtres, un temps orthogonales sur les façades, bougent au caprice des poids des murs. Les jambages deviennent trapézoïdaux et les entraves tout à fait non horizontales. Le processus de mouvement provoque des fissures, des inclinaisons, des penchements. L'intervention successive des remplissages, des stabilisations, des renforcements et des renforts crée une nouvelle architecture plus proche de la nature, du rythme spontané de la nature. Cause et hasard se mélangent.
A Paris une telle situation se rencontre très fréquemment. Des rues entières présentent des façades d’immeubles complètement ondulées comme des rubans qui se défont, se déroulent au caprice du vent. Vagues qui vont et reviennent sans rythme déterminé, sans coordination aucune. Les alignements ne sont plus respectés et on retrouve des asymétries non prévues ni par le projet ni par la construction. De nouveaux rythmes se créent, des lignes inclinées et obliques qui engendrent des dissonances non prévues et complètement hasardeuses.
Mes tirages argentiques noirs et blancs me permettent de souligner certaines lignes graphiques, d’intervenir graphiquement sur la photo pour mettre en valeur les lignes qui déterminent certains effets : courbes, inclinaisons, asymétries … En effet, en géométrie, on appelle « normales » les lignes orthogonales. Mes lignes, non orthogonales, sont donc « a-normales ».
Expand






































































